Ligue des champions : enfin lancé avec le Real Madrid, Diomandé retrouve Leipzig
Le jeune ailier ivoirien Yan Diomandé, devenu la recrue la plus chère de l'histoire du Real Madrid l'été dernier, retrouve mercredi son ancien club le RB Leipzig, en Ligue des champions, pour confirmer sa montée en puissance.
Lorsqu'il foule la pelouse du stade Santiago Bernabéu, comme tant de grands joueurs l'ont fait avant lui, Diomandé, 19 ans, ne joue pas seulement avec le N.25, mais avec "125 ou 130 millions" floqués dans le dos, comme l'a expliqué son entraîneur José Mourinho.
Cette immense pression, liée au montant de son transfert, estimé au total à 140 millions d'euros bonus compris, a évidemment pesé sur ses épaules lors de ses débuts madrilènes à la fin de l'été, sans préparation physique au préalable.
Mais elle ne l'a pas empêché, depuis, de montrer pourquoi le président merengue Florentino Pérez avait cassé sa tirelire pour l'ajouter à sa constellation de stars. Jusqu'à faire de l'ombre à Vinicius Junior, qui voit son statut d"intouchable" menacé.
"Ici, la seule chose qui est intouchable, c'est l'écusson. Aucun joueur n'est intouchable", a prévenu Mourinho.
- "Jeune et naïf" -
Depuis son entrée en jeu convaincante lors de la défaite face à l'Atlético Madrid (2-1), le natif d'Abidjan fait tout pour gagner sa place.
Il accélère, provoque, dribble et tente sa chance presque à chaque fois qu'il se rapproche du but. Avec beaucoup de déchet technique, certes, mais aussi une impressionnante capacité à éliminer et à faire la différence balle au pied, déjà démontrée la saison passée à Leipzig, où il avait été nommé meilleur espoir de Bundesliga, ou au Mondial-2026 avec les Elephants cet été.
Titularisé pour la première fois à la place de Vinicius après la trêve internationale, Diomandé a d'abord sauvé la mise face à Villarreal (1-0), avant que l'attaquant brésilien ne soit exclu directement pour avoir tiré les cheveux d'un adversaire.
La suspension du N.7 merengue pour quatre rencontres, dont le Clasico dimanche contre le FC Barcelone, lui a permis d'enchaîner dimanche dernier face au Séville FC (4-1) avec un deuxième but et une troisième passe décisive en onze petits bouts de match, en comptant celle contre l'AS Rome (4-3) pour Mbappé.
"Diomandé? Il a encore beaucoup de progrès à faire, il est jeune, encore naïf. Ce n'est pas encore un produit fini", a estimé son entraîneur.
"Il a fait un très bon match (contre Séville), et il s'était déjà bien débrouillé à Rome. Il progresse. Il doit encore s'améliorer à la finition, car il se retrouve souvent dans des positions dangereuses mais il a du mal à garder son sang-froid et à lever la tête pour regarder où se trouvent ses coéquipiers. Mais cela viendra avec le temps", a-t-il assuré.
- Force mentale -
La pression madrilène, Diomandé semble donc être parvenu à la dompter, guidé par une énorme force mentale et une volonté de fer, forgées par le décès tragique de sa petite soeur Roxane, 15 ans, en 2025, et un parcours atypique vers le football de haut niveau.
Le nouveau joyau de la Maison Blanche s'était confié à ce sujet dans une lettre adressée à sa soeur, publiée sur le site The Players Tribune:
"Tu étais la seule à avoir toujours cru que je pouvais devenir le prochain Cristiano (Ronaldo), alors que tout le monde se moquait de moi. Avant même que j'aie des vraies chaussures de foot, tu disais à tout le monde: +Mon frère va devenir le plus fort du monde.+ Je prouverai que tu avais raison ou je mourrai en essayant", écrivait-il.
Diomandé, les deux index vers le ciel et ému aux larmes, lui avait dédié son premier but sous le maillot merengue face à Villarreal (1-0), au cours d'une soirée considérée par la presse espagnole comme "l'acte de naissance" d'un phénomène.
F.Criscuolo--INP