Ligue des nations: Eduardo Camavinga revit en bleu
Non retenu pour la Coupe du monde, contesté au Real Madrid après une saison dernière décevante, Eduardo Camavinga revit en équipe de France lors du premier rassemblement de Zinédine Zidane qui le tient en haute estime.
Titulaire en milieu relayeur en Belgique (victoire 1-0), le 28 septembre, "Cama" avait livré une prestation solide avec 95 % de passes réussies, cinq ballons récupérés et trois fautes concédées.
Il s'est ensuite procuré deux occasions franches de but (84e, 90e+2), sur des frappes lointaines, après être entré en jeu à la place de Rayan Cherki contre l'Italie, vendredi au Stade de France (1-1). Il aurait pu, sans un Gianluigi Donnarumma très en forme, offrir un troisième succès en autant de rencontres au nouveau sélectionneur français.
Au cours de cette fenêtre internationale exceptionnelle d'une dizaine de jours avec quatre matches au programme, le Madrilène devrait avoir une nouvelle chance de briller à Saint-Denis face aux Diables Rouges lundi (20H45).
Camavinga, dont Zidane a œuvré pour la venue à Madrid en 2021, sans jamais l'entraîner toutefois, a apprécié la marque de confiance de son sélectionneur, qui l'a choisi parmi les 23 premiers appelés et pas pour pallier un forfait en cours de rassemblement.
- "Touché" -
"C'est quelque chose qui m'a forcément touché, tout footballeur veut jouer ce genre de compétition, a-t-il estimé à propos de sa non-sélection pour le Mondial. Tout a été rapide dans ma carrière et ce genre de déception était quelque chose de nouveau. Être dans la première liste (de Zidane), juste après, est d'une grande importance. Après cette déception, il fallait rebondir. Cela montre que je ne me suis pas enterré, que j'ai relevé la tête".
Ballotté par Carlo Ancelotti lors de sa dernière saison comme entraîneur de "la Maison Blanche" entre le milieu de terrain et le poste de latéral gauche, boudé par Xavi Alonso et Álvaro Arbeloa, les deux techniciens du Real la saison dernière, conclue sans titre, l'ancien Rennais apprécie que le nouveau sélectionneur français le fasse jouer à son poste de prédilection.
"Je pense qu'on a pas mal d'arrières gauches (dans le groupe France), donc on va virer ça (sourires). J'ai la chance de pouvoir jouer en sentinelle ou en relayeur mais le coach le sait. Je peux apporter ma pierre à l'édifice en 6 (sentinelle) ou en 8 (relayeur), mais vous connaissez ma préférence", a-t-il tout de même rappelé, sous-entendant que le poste de sentinelle avait ses faveurs.
C'est pourtant en relayeur que Zidane, aux idées tranchées sur les postes qu'il confie à ses joueurs, l'utilise, préférant l'intensité physique de Manu Koné ou la lecture du jeu de Lucas Da Cunha en numéro 6.
- En concurrence avec Cherki -
Une première victoire pour celui qui se partage le poste avec Rayan Cherki, autre joueur très apprécié par Zizou et qui sort renforcé de ce premier rassemblement.
Bêtement expulsé en quart de finale de Ligue des champions face au Bayern Munich l'an passé, Camavinga a été tenu pour responsable de l'élimination prématurée des Merengues dans la compétition phare européenne. Au point d'être placé sur la liste des transferts à l'intersaison, indésirable à Madrid où il est pourtant sous contrat jusqu'en 2029.
Cama est resté. Avec deux titularisations en six rencontres de Liga cette saison, ce n'est pas encore la panacée au Real sous les ordres de José Mourinho, mais le Portugais l'apprécie également et semble prêt, lui aussi, à le réhabiliter.
"J'ai déjà été performant dans le passé mais ce qui me manque c'est la régularité. Cela passe par la concentration sur le terrain, faire moins d'erreurs. Rome ne s'est pas fait en un jour", a expliqué Camavinga à propos de ses principaux axes de progression, rappelant qu'il n'avait que 23 ans, malgré ses 32 sélections.
Ressuscité en bleu par Zidane après une saison noire, il doit poursuivre sa construction lundi contre la Belgique.
I.Altadonna--INP