Mondial-2026: l'Iran présente, les Pays-Bas en échec, les Allemands faciles
"Nous sommes là pour jouer au foot". La sélection iranienne dont la participation au Mondial-2026 était incertaine du fait de la guerre au Moyen-Orient, est arrivée lundi à Los Angeles et a tenu sa première conférence de presse à la veille d'affronter la Nouvelle-Zélande.
Côté foot, l'Allemagne n'a fait qu'une bouchée (7-1) du néophyte Curaçao, rejoint en tête du groupe E par la Côte d'Ivoire qui a battu l'Equateur (1-0). Quant aux Pays-Bas, ils ont été tenus en échec par un Japon accrocheur (2-2).
. Les Iraniens aux Etats-Unis
Le suspense a pris fin peu après 13h00 (20h00 GMT) quand l'avion de la sélection iranienne s'est posé à l'aéroport international de Los Angeles, en provenance de Tijuana, où la Team Melli a pris ses quartiers le 7 juin.
Cela faisait des mois que tout le monde se demandait si le gouvernement iranien enverrait ses footballeurs sur le territoire de l'ennemi juré, dans le contexte du conflit déclenché par les frappes américano-israéliennes sur l'Iran fin février. D'autant que Donald Trump s'était montré ambigu sur cette venue et que son administration a refusé d'accorder des visas à une quinzaine de membres de l'encadrement de la sélection.
Réglementairement tenue par la Fifa de se plier à ses obligations médiatiques prévues dimanche, la "Team Melli" a répondu aux questions des médias lors d'une conférence de presse au SoFi Stadium, où aura lieu lundi la rencontre contre la Nouvelle-Zélande.
"Nous sommes là pour jouer au foot, avec respect pour les Iraniens au pays ou à l'étranger. Le foot est séparé de la politique", a déclaré le sélectionneur Amir Ghalenoei. L'attaquant vedette Mehdi Taremi a lui dit vouloir "rendre heureux tous les Iraniens à travers le monde" et pense que le football peut "unifier notre pays".
A voir cependant comment les Iraniens seront accueillis dimanche lors de ce match, dans une ville surnommée "Tehrangeles" en raison de son immense communauté iranienne, évaluée à 500.000 personnes. Une grande partie de la diaspora considère la sélection comme un instrument de propagande de la République islamique, et des manifestations hostiles au régime sont prévues lundi aux abords du stade.
"Je suis heureux qu'ils viennent nous voir, j'espère qu'ils vont prier pour nous, j'espère qu'ils vont nous encourager et qu'on les récompensera avec un bon match", a dit Ghalenoei.
Ce match se déroulera cependant dans un climat a priori apaisé du fait de l'annonce par le Pakistan, dimanche, d'un "accord de paix" mettant immédiatement fin à toutes les opérations militaires au Moyen-Orient, y compris au Liban.
. Curaçao avalé par les Allemands
Le duel entre Goliath, mastodonte quatre titres mondiaux, et David le Caribéen novice en Coupe du monde, s'est déroulé comme prévu, avec une démonstration de force du premier aux dépens du second.
Avec ses stars du Bayern, de Liverpool ou d'Arsenal, la Mannschaft, encore traumatisée par les deux fiascos de 2018 en Russie et 2022 au Qatar, où elle n'était pas sortie des poules, est repartie avec un succès pour le moral dans le stade climatisé et au toit fermé du Texas.
Mais son très modeste adversaire, 82e au classement Fifa, composé de joueurs originaires des Pays-Bas, s'est aussi offert un bout de la fête, soutenu bruyamment par ses supporters criant de joie quand des images de leur petite île aux plages paradisiaques, au large du Venezuela, ont été projetées sur les écrans géants.
Et ils ont obtenu avec un souvenir fabuleux, pour l'éternité, quand Livano Comenencia a égalisé sur un tir légèrement dévié par le capitaine Joshua Kimmich, pour le plus grand malheur de Manuel Neuer. Un but qui ferait presque oublier les sept encaissés.
Dans l'autre match du groupe, c'est la Côte d'Ivoire qui a eu le dernier mot face à l'Equateur (1- 0) grâce à but inscrit par Amad Diallo à la 90e minute, après avoir été sauvé par deux fois par la barre transversale, à Philadelphie.
. Les Néerlandais tenus en échec
Eternels prétendants toujours en quête d'une première étoile, les Pays-Bas de Memphis Depay ont raté leur entrée dans la Coupe du monde en étant tenus en échec (2-2) par le Japon, dimanche à Dallas, dans l'un des plus beaux matches de ce début de tournoi
Triples finalistes (1974, 1978, 2010), les "Oranje", qui ambitionnent de retrouver au moins le dernier carré, ont deux fois mené au score mais les "Samouraïs bleus", pourtant privés de leur capitaine Wataru Endo, insuffisamment remis d'une blessure à un pied, n'ont rien lâché pour arracher le point du nul.
L'autre rencontre du groupe F oppose la Suède à la Tunisie en soirée à Monterrey.
E.Spicuzza--INP