Ligue 1: Lille prend une revanche éclatante sur Lens, qui laisse Paris s'échapper
Largement dominateur, Lille a pris sa revanche sur Lens (3-0) samedi soir en écrasant le derby à domicile, compromettant un peu plus les chances des Sang et Or dans la course au titre en Ligue 1 face au PSG.
On dit de la vengeance qu'elle est un plat qui se mange froid. Celle-ci fut avalée dans la chaleur propre au derby du Nord, devant un public bouillant, chauffé à blanc par la débâcle vécue au stade Bollaert (3-0) en septembre dernier lors de la phase aller.
À cette humiliation, le Losc a répondu par une autre, qui confirme, au cœur de cette 28e journée, son renouveau après un début d'année catastrophique: le club nordiste enchaîne un huitième match sans défaite en championnat, et son cinquième succès lors des six dernières rencontres.
Ce retour au premier plan s'exprime aussi au classement, où Lille monte sur le podium (50 points) en attendant le déplacement compliqué de Marseille (4e, 49 pts) à Monaco dimanche soir.
Plus haut, ce succès a pour conséquence d'hypothéquer franchement les chances de Lens (2e, 59 pts) dans son duel à distance avec le Paris Saint-Germain, qui possède désormais quatre unités d'avance et un match de plus à disputer.
Cet effet ravira au plus haut point les supporters lillois, qui cultivent avec Lens une rivalité ancestrale, faisant de ce derby l'un des plus chauds de France.
- Ratés du stade Pierre-Mauroy -
Si Lille s'est largement imposé, c'est avant tout grâce aux leçons qu'il a tirées de son match raté à Bollaert, où il avait été pris dans l'engagement par des Lensois déchaînés.
Cette fois, les joueurs de Bruno Genesio ont évolué plusieurs tons au dessus des joueurs du bassin minier dans l'intensité dès le début du match, au niveau des courses, des duels, de la conquête des deuxièmes ballons.
Leur seul regret aura été qu'une partie des spectateurs ne puisse voir cette domination à cause d'un tifo suspendu par le haut du stade et bloqué pendant les quinze premières minutes. Lorsqu'il est enfin descendu, le match était de toute façon arrêté car l'enceinte de Villeneuve-d'Ascq au toit fermé était plongée dans une fumée épaisse à cause des multiples fumigènes utilisés par les supporters.
Ces couacs et cet arrêt de jeu n'ont pas freiné les intentions des Dogues, toujours aussi mordants à l'image de Nabil Bentaleb et Hakon Haraldsson, rayonnants au milieu de terrain.
Le portier lensois Robin Risser a dû s'employer pour repousser des tentatives de Haraldsson (19e) puis Matias Fernandez-Pardo (26e), préféré à Olivier Giroud pour occuper la pointe de l'attaque.
Choix payant puisque l'attaquant supersonique a été dans de nombreux bons coups de son équipe, offrant l'ouverture du score à Haraldsson (44e), en étant pour une fois juste dans ses choix et précis.
- Lens inexistant -
Seule une grossière erreur de Félix Correia a permis à Odsonne Edouard de se procurer une frappe détournée par Berke Özer (32e), après une première demi-heure où Lille a eu le ballon 79% du temps.
Après cette frayeur sans conséquence le Portugais s'est illustré de l'autre côté du terrain en doublant le score (49e), profitant à son tour d'une erreur défensive, cette fois signée de Nidal Celik, qui l'a complètement oublié dans son dos alors que Lens allait récupérer le ballon.
Risser a eu beau détourner une nouvelle tentative de Correia (52e), Lens n'est jamais parvenu à entrer dans son derby, tant dans l'aspect athlétique que technique. Ses habituels meneurs aussi ont déçu. Au terme de ce match raté, le club de l'Artois est tout proche de tirer un trait sur le titre et de se concentrer sur son autre grand objectif: la Coupe de France, où il est en demi-finales.
En face, Lille va bien mieux et peut à nouveau rêver de Ligue des champions, avec, en plus, les retours de son capitaine Benjamin André, d'Ethan Mbappé et d'Osame Sahraoui.
A.Ferrara--INP