Ligue des champions: le PSG tout en talent et en maîtrise pour confirmer contre Chelsea
Le PSG a confirmé de belle manière sa victoire du match aller (5-2) en dominant Chelsea à Stamford Bridge 3-0 mardi, et rejoint les quarts de finale de la Ligue des champions, avec le rêve toujours intact de regagner la compétition.
Rarement le PSG n'aura été aussi convaincant, sur deux matches de suite cette saison, que dans cette double confrontation contre les Londoniens, qui pourtant avaient l'avantage psychologique d'avoir dominé la finale du Mondial des clubs l'été dernier (3-0).
Décisifs dans le "money time" à l'aller pour débloquer un match serré, les Parisiens ont mardi été volontaires, appliqués et réalistes pour désamorcer toute tension. Et pourtant, les quelque 37.000 Londoniens massés à Stamford Bridge étaient prêts à vibrer pour une nouvelle "remontada" dans l'histoire parisienne, si l'on en croit les encouragements électriques qui ont dans un premier temps parcouru la foule à chaque assaut des "Blues".
Mais en fait d'assaut, ce sont ceux des Parisiens qui ont fait mouche. D'emblée, Khvicha Kvaratskhelia, déjà intenable lors de son entrée en fin de match au Parc des Princes (doublé et passe décisive), a converti une demi-occasion en mettant une pression énorme à Mamadou Sarr, remplaçant de Malo Gusto souffrant (6e).
Le dégagement du portier parisien Matveï Safonov semblait être plutôt anodin mais "Kvara" a parfaitement géré la profondeur et son jeu de corps pour se mettre en position de tromper Robert Sanchez.
Pas rassasié, le PSG a enfoncé le clou par Bradley Barcola, lui aussi buteur à l'aller, à l'issue d'une combinaison rapide avec Achraf Hakimi après une belle remontée de balle de Warren Zaïre-Emery. La manière dont Barcola a littéralement saisi au rebond de son contrôle le ballon, avant de le propulser dans la lucarne opposée, était celle d'un grand (2-0, 15e).
- Leçon -
C'est aussi la maîtrise collective parisienne - du moins, celle de la première mi-temps - qui a mis fin au suspense mardi. Les Parisiens ont été réalistes dans les deux surfaces, repoussant les assauts de Chelsea grâce notamment à un virevoltant Matveï Safonov (arrêts à la 36e, 42e, 43e, 60e, 74e, 79e minutes). La prestation du portier russe devrait mettre un terme pour un moment aux débats sur ce poste sensible après le départ de Gianluigi Donnarumma et l'arrivée de Lucas Chevalier l'été dernier.
Le match n'a pas été sans alerte concernant la charnière centrale, à l'image d'un Willian Pacho moins serein ces derniers temps qu'à l'accoutumée (dépassé à la 36e par Joao Pedro, qui s'est aussi effondré en pensant obtenir un pénalty à la 45e minute après une poussette limite de l'Equatorien). De même, plusieurs récupérations hautes de Chelsea en deuxième mi-temps ont mis en lumière les relances imprécises des Parisiens.
Ces imprécisions n'ont pas manqué d'ulcérer Luis Enrique dans sa zone technique.
Mais le bilan global était suffisamment clair pour que dès la 59e, l'entraîneur des "Blues" Liam Rosenior (ex-Strasbourg) a semblé tirer un trait sur la qualification en faisant sortir ses trois meilleurs joueurs, Cole Palmer, Enzo Fernandez et Joao Pedro, pour faire jouer des jeunes de la très pourvue écurie londonienne.
Il faut dire que les "Blues" ont dû composer avec le calendrier infernal de la Premier league (défaite 1-0 contre Newcastle samedi dernier, déplacement à Everton ce samedi), là où le PSG a bénéficié du report de son match de Ligue 1 contre Nantes prévu initialement le weekend dernier.
Et la leçon a tourné à l'humiliation à domicile avec le but sur une nouvelle lucarne de l'entrant Senny Mayulu (62e), qui n'a ensuite pas manqué de culot pour aller chambrer le public londonien, furieux puis vite clairsemé en tribunes. Le "titi" avait visiblement envie d'en découdre mardi soir après des mois de frustration, lui qui dès l'échauffement avait tenté d'envoyer une longue frappe sur les supporters locaux.
La confrontation pourrait laisser des traces dans les rangs de Chelsea. Côté parisien, elle ne laissera que de bons souvenirs, surtout si l'aventure européenne va aussi loin que l'an dernier.
S.Abato--INP