Israël: Netanyahu se bat pour sa survie aux premières élections depuis le 7-Octobre
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'efforce par tous les moyens de mobiliser ses partisans mardi à quelques heures du terme des premières élections législatives depuis le 7-Octobre, marquées par une participation historique.
Le dirigeant de 77 ans a multiplié les messages alarmistes en présentant ce scrutin comme une question de "survie pour l'Etat juif", tandis que son parti a déposé un recours pour repousser l'heure de fermeture des bureaux de vote prévue à 20H00 GMT.
L'inquiétude de M. Netanyahu semble liée à la mobilisation d'ores et déjà historique lors de ce scrutin, avec un taux de participation de 66,7% à 16H00 GMT, le chiffre le plus élevé à ce stade du vote depuis le début des relevés par la Commission électorale en 1973.
Des dizaines de milliers d'expatriés sont notamment rentrés au pays, comme Eilana Zisblit, 55 ans, qui vit au Canada depuis près de 30 ans. C'est la première fois qu'elle revient pour participer à une élection.
"Le pays va dans une mauvaise, une très mauvaise direction", dit-elle devant un bureau de vote dans le quartier de Jérusalem où elle a grandi. "J'ai le sentiment que c'est maintenant ou jamais" qu'il faut voter, "sinon le pays risque vraiment de ne pas survivre".
Selon les derniers sondages, la coalition de droite et d'extrême droite de M. Netanyahu et le bloc principal de l'opposition emmené par , un ancien chef de l'armée, sont au coude-à-coude. Mais aucun des deux camps ne semble en mesure de décrocher la majorité des 61 sièges à la Knesset, ce qui augure de longues tractations à l'issue du scrutin.
- "Voler" l'élection -
Les élections interviennent sur fond de critiques internationales croissantes contre la conduite de la guerre à Gaza, ainsi que les violences et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée, sous le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.
Les résultats seront scrutés dans le monde entier, alors que M. multiplie de nouveau les menaces contre l'Iran au risque d'aggraver un conflit dont les répercussions se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient.
"Je veux du changement", dit Asia Egbaria, étudiante en droit de 23 ans après avoir voté à Oum al-Fahm, ville majoritairement arabe du nord. "Je ne veux plus être traitée comme une citoyenne de deuxième ou de troisième classe. Je veux juste vivre en paix et sereinement".
C'est d'ailleurs sur cette minorité que M. Netanyahu concentre ses attaques, en accusant mardi le parti Raam de vouloir "voler l'élection", après l'arrestation de trois hommes avec des enveloppes remplies d'argent liquide.
Les autorités électorales ont évoqué un "cas isolé", et M. Eisenkot l'a accusé de "préparer le terrain" à une contestation des résultats en cas de défaite. Le chef de Raam, Mansour Abbas, a dénoncé des "mensonges" du Premier ministre visant à galvaniser l'électorat de droite.
- Ombre du 7-Octobre -
Yossi Liron, un mathématicien qui a voté à Herzliya, au nord de Tel-Aviv, dit vouloir tourner la page de "quatre années très difficiles", et espère qu'une victoire de l'opposition permettra enfin "une enquête sur ce qui nous est vraiment arrivé le 7-Octobre".
Car le souvenir des attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 pèse lourd dans ce scrutin, et M. Eisenkot, qui accuse le Premier ministre d'être responsable des défaillances sécuritaires, a promis de mettre en place une commission d'enquête indépendante en cas de victoire.
Tout au long de la campagne, M. Netanyahu s'est efforcé de convaincre qu'il avait depuis affaibli les ennemis d'Israël, en menant plusieurs guerres, dont celle qui a réduit Gaza en décombres.
Il a promis, en cas de victoire, de "finir le travail" en Iran, et a mis en avant sa proximité avec le président américain Donald Trump qui lui a apporté son soutien.
Pour les opposants de la coalition sortante, ce scrutin est décisif pour sauver la démocratie israélienne, alors que Benjamin Netanyahu, en procès pour des accusations de corruption, n'a eu de cesse de s'en prendre au pouvoir judiciaire.
Gadi Eisenkot a fait une campagne plus discrète que l'actuel Premier ministre, misant sur une image de sobriété et de sérieux, et promettant de "rassembler à nouveau tous les Israéliens".
L.Gallo--INP