Explosions dans une installation militaire en Bolivie: trois morts, plus d'une dizaine de disparus
Plus d'une dizaine de personnes portées disparues étaient recherchées samedi dans les décombres d'une installation militaire en Bolivie, après deux violentes explosions qui ont fait au moins trois morts et 84 blessés, sans que leurs causes exactes ne soient encore connues.
Les déflagrations se sont produites vendredi après-midi dans une enceinte où était stocké du matériel pyrotechnique, à Viacha, une ville de quelque 100.000 habitants située à une trentaine de kilomètres de La Paz.
Les pompiers déblayaient samedi les décombres de certaines parties du bâtiment militaire, d'où s'élevait encore une colonne de fumée noire, a constaté l'AFP.
Vitres brisées, toitures arrachées, pierres éparpillées et arbres abattus témoignent de la puissance des ondes de choc, qui ont endommagé des dizaines d'habitations alentour.
Le corps d'une homme a été extrait des décombres samedi soir, portant à trois le nombre de personnes décédées, selon le parquet.
Le commandant du régiment Bolivar, touché par le sinistre, le colonel Antonio Amaru, avait auparavant indiqué que 14 soldats -- un sergent et 13 jeunes de 18 et 19 ans qui effectuaient leur année de service militaire obligatoire -- étaient portés disparus. On ignore si la troisième victime retrouvée figure sur cette liste. Les deux autres personnes décédées étaient également des jeunes appelés.
Le ministère de la Défense a par ailleurs dénombré 84 blessés.
- En larmes -
Des familles demandaient en larmes aux soldats qui sécurisaient les lieux des nouvelles des disparus. D'autres tentaient de franchir le périmètre de sécurité, mais étaient repoussées, a constaté l'AFP.
Irineo Mamani, 65 ans, cherchait à savoir si son fils figurait parmi les disparus. "Nous voulons seulement qu'ils nous disent si tel soldat est ici, rien de plus", a-t-il déclaré.
Le parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête notamment pour "homicide involontaire" et "blessures involontaires".
Un premier rapport du ministère de la Défense a fait état de deux explosions. La première aurait impliqué de la "poudre noire, correspondant à du matériel pyrotechnique stocké sur place". La seconde, "d'une ampleur beaucoup plus importante", fait toujours l'objet d'une enquête.
"La cause et le matériau impliqué dans cette seconde explosion sont encore en cours de détermination", a indiqué le ministre de la Défense Ernesto Justiniano.
Le ministère a précisé qu'aucun armement de guerre n'avait explosé.
Cette deuxième explosion "m'a projeté cinq mètres en arrière", a raconté au quotidien El Deber un habitant blessé au visage, qui affirme avoir perdu connaissance.
Le maire de Viacha, Jenrry Patzi, a déploré que sa commune ne dispose "même pas d'un simple hôpital de deuxième niveau" pour prendre en charge les blessés, qui ont dû être transférés vers des établissements hospitaliers d'El Alto et de La Paz.
Des familles dont les maisons ont été endommagées ont été évacuées vers un hébergement temporaire où elles ont passé la nuit.
Après l'incident, le président Rodrigo Paz a indiqué sur son compte X avoir ordonné de "vérifier le respect des protocoles de sécurité et de déterminer les responsabilités qui pourraient être engagées".
F.M.Buffo--INP