Royaume-Uni: Andy Burnham prend la tête du Labour avant de devenir Premier ministre
Andy Burnham va devenir vendredi le nouveau chef des travaillistes britanniques lors d'un congrès extraordinaire du parti à Londres, avant son installation lundi à Downing Street où il va succéder au démissionnaire Keir Starmer.
L'ancien maire du Grand Manchester, l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays, a été le seul candidat à se présenter pour succéder à Keir Starmer, qui a annoncé son départ le 22 juin.
Andy Burnham, 56 ans, a obtenu le soutien d'environ 95% des 403 députés travaillistes, formation majoritaire au Parlement, ainsi que celui de 8 des 11 syndicats affiliés au parti.
Il va devenir chef du Labour puis, du même coup, Premier ministre sans que le pays ait connu d'élections législatives.
Il prend la tête des travaillistes, revenus au pouvoir en 2024 après 14 ans de gouvernements conservateurs, alors que Reform UK, dirigé par Nigel Farage, s'est installé en tête des sondages.
Les députés travaillistes espèrent qu'avec Andy Burnham, ils parviendront à barrer la route à ce parti anti-immigration aux prochaines élections législatives, prévues en 2029.
L'intronisation d'Andy Burnham, homme charismatique et habile communicant, lors du congrès extraordinaire est une simple formalité, mais le processus a été long pour en arriver là.
Keir Starmer, devenu Premier ministre il y a deux ans après la victoire écrasante des travaillistes aux législatives, s'est accroché au pouvoir pendant des mois alors qu'il était de plus en plus contesté au sein du Labour, après avoir accumulé revirements et faux pas.
L'élection d'Andy Burnham comme député le 18 juin dans la circonscription de Makerfield, dans le nord de l'Angleterre, a finalement ouvert la voie vers Downing Street au "roi du Nord", comme il est surnommé.
Après deux échecs pour prendre la tête du parti travailliste - en 2010 et 2015 - Andy Burnham avait quitté Londres pour retourner dans le nord, dont il est originaire. Il a été élu maire du Grand Manchester en 2017.
Andy Burnham, qui porte souvent un simple tee-shirt noir avec une veste, est devenu populaire en modernisant cet ancien bastion industriel et en s'attaquant régulièrement au gouvernement de Westminster.
- "Redonner le moral" -
Andy Burnham a répété pendant la campagne qu'il voulait "changer le Labour et le pays".
"Il faut redonner le moral aux gens (...) Il faut leur donner le sentiment que le pays est sur la voie du redressement", a-t-il dit mercredi, dans une interview détendue avec Gary Lineker, ex-footballeur star qui s'est reconverti avec succès dans les médias.
Lundi, après avoir rencontré le roi Charles III, il deviendra le septième Premier ministre britannique en dix ans.
"Nous n'avons pas (jusqu'ici) apporté les grands changements que les gens attendent (...) Je vais essayer de faire quelque chose de différent", a déclaré Andy Burnham.
L'essentiel, a-t-il dit, est "d'aider les gens à faire face au coût de la vie". "J'ai entendu les gens me dire à Makerfield: +Vous savez, Andy, je ne peux plus sortir pour aller boire quelques pintes, je ne peux plus emmener les enfants en balade, je ne peux plus partir en vacances", a-t-il raconté.
Il veut décentraliser le pouvoir et créer un "N. 10 du Nord" -référence au 10, Downing Street-, qui sera basé à Manchester, afin de garantir que les régions du pays ne soient pas négligées par rapport à la capitale britannique.
Il s'est engagé à respecter le programme électoral du Labour en n'augmentant pas les principaux impôts.
Mais il devra composer avec les mêmes défis que Keir Starmer, au premier rang desquels une croissance atone et des finances publiques sous pression, sur fond de lourd endettement.
Les rumeurs se multiplient sur sa future équipe gouvernementale. L'actuelle ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood pourrait devenir ministre des Finances selon plusieurs médias britanniques, dont le Financial Times.
Le gouvernement devrait être annoncé lundi.
M.Lombardi--INP