Le chef de la branche armée du Hamas tué par Israël à Gaza
Le chef de la branche armée du Hamas, au rôle clé dans l'attaque du 7-Octobre selon Israël, a été tué dans la bande de Gaza, ont annoncé samedi l'armée israélienne et le mouvement islamiste palestinien, au lendemain d'une frappe l'ayant visé.
L'armée israélienne et le Shin Bet, le renseignement intérieur, "annoncent (...) que le terroriste Ezzedine al-Haddad a été éliminé", selon un communiqué, une information confirmée à l'AFP par deux responsables du Hamas.
Il "a été assassiné lors d'une frappe israélienne visant un appartement résidentiel et un véhicule civil hier (vendredi) à Gaza", a précisé l'un d'entre eux.
Depuis le 7 octobre 2023, Israël a revendiqué l'assassinat de plusieurs hauts responsables du Hamas, dont Yahya Sinouar, son chef à Gaza, tué le 16 octobre 2024 et considéré comme le cerveau des attaques.
Ezzedine al-Haddad était de longue date dans le viseur de l'armée: il est décrit comme "le dernier dirigeant de haut rang du Hamas encore présent dans la bande de Gaza à avoir participé à l'organisation du massacre", selon les termes d'un responsable militaire israélien.
- "Succès majeur" -
Le ministère de la Défense avait annoncé vendredi l'avoir ciblé, sans confirmer dans l'immédiat la mort de celui qu'il avait présenté comme un "terroriste de premier plan" et "l'un des principaux architectes" du 7-Octobre.
Il a été tué avec sa femme et sa fille, selon une autre source au sein du Hamas.
Leurs funérailles ont eu lieu samedi matin dans la ville de Gaza, des images de l'AFP montrant une foule en deuil autour du cercueil de Haddad, enveloppé dans un drapeau du Hamas.
Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, a salué un "succès opérationnel majeur". "Dans toutes les conversations que j'ai eues avec les otages libérés, son nom (...) revenait sans cesse", a-t-il dit dans un communiqué distinct.
Et d'ajouter: "aujourd'hui, nous avons réussi à l'éliminer. L'armée israélienne continuera à traquer nos ennemis, à les frapper et à demander des comptes à tous ceux qui ont pris part" au 7-Octobre.
Le ministère de la Défense accuse Ezzedine al-Haddad d'être "responsable du meurtre, de l'enlèvement et des souffrances infligées à des milliers de civils israéliens et de soldats de l'armée israélienne".
"Il a maintenu nos otages dans des conditions de captivité brutales, a orchestré des attentats terroristes contre nos forces et a refusé de mettre en oeuvre l'accord proposé par le président américain Donald Trump visant au désarmement du Hamas et à la démilitarisation de la bande de Gaza", avait-il affirmé vendredi.
- Six tentatives d'assassinat -
La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, a mené l'attaque du 7 octobre 2023 contre des localités du sud d'Israël, qui a entraîné la mort de 1.221 personnes, selon les autorités israéliennes. Elle avait également enlevé 251 otages, emmenés à Gaza.
Plus de 72.700 Palestiniens ont été tués dans la campagne militaire de représailles d'Israël, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.
Une trêve est entrée en vigueur le 10 octobre 2025 dans le territoire palestinien, dont une partie est contrôlée par le Hamas et l'autre par l'armée israélienne.
Né en 1970, Ezzedine al-Haddad avait pris le commandement de la branche armée du Hamas en mai 2025, après la mort de son prédécesseur, déjà dans une frappe israélienne, d'après la source au sein du mouvement islamiste.
Il avait auparavant survécu à six tentatives d'assassinat menées par Israël, a-t-elle précisé.
A l'origine de la création des services de sécurité du Hamas, il était chargé de superviser les échanges entre otages détenus à Gaza et prisonniers palestiniens.
Outre Yahya Sinouar, l'armée israélienne avait tué en juillet 2024 Mohammed Deif, commandant en chef des Brigades Ezzedine Al-Qassam et autre tête pensante des attaques.
Les frappes israéliennes ont aussi visé des dirigeants du Hamas à l'étranger, ainsi que de hauts commandants du Hezbollah libanais alliés au groupe, dont l'ancien chef, Hassan Nasrallah.
E.Scozzafava--INP