Municipales: les dés bientôt jetés en vue du second tour, le PS ciblé pour ses alliances avec LFI
Allié à La France insoumise dans de nombreuses villes à l'exception de Paris et Marseille, le Parti socialiste est ciblé par les critiques de ses opposants en vue du second tour des élections municipales, à quelques heures du délai limite de dépôt des listes mardi.
Un duel à Lyon, une triangulaire à Bordeaux et un match à quatre à Paris, Marseille et Lille ? Après d'intenses tractations entre les partis et candidats lundi, la configuration du second tour est déjà connue dans la quasi-totalité des grandes agglomérations.
Les candidats ont jusqu'à 18H00, mardi, pour déposer leurs listes définitives en vue du scrutin. Beaucoup l'ont déjà fait, actant notamment certaines "fusions" très commentées.
Toulouse, Nantes, Limoges, Avignon, Brest, Clermont-Ferrand... La liste des villes où les socialistes ont consenti à s'allier avec LFI est longue, même si le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, continue de réfuter à tout "accord national" avec le mouvement mélenchoniste.
"Les programmes des listes avec lesquelles nous avons parfois fusionné ne comportent ni discrimination ni racisme ni antisémitisme", s'est-il expliqué lundi, assurant "comprendre parfaitement" le choix de ses candidats et refusant d'associer toutes les figures insoumises locales à leur leader Jean-Luc Mélenchon, devenu infréquentable aux yeux de nombreux socialistes.
Le PS joue un délicat jeu d'équilibriste dans cette dernière ligne droite. Il a non seulement accepté des ralliements Insoumis, parfois uniquement "techniques" et non programmatiques, derrière ses têtes de listes, comme à Nantes, Brest ou Clermont-Ferrand... Mais il a aussi consenti à se ranger derrière LFI par endroits, comme à Toulouse, où François Piquemal est arrivé en tête à gauche et espère ravir la ville à la droite.
De quoi susciter une pluie de critiques venues du centre, de la droite et du Rassemblement national, dont les responsables ont multiplié les invectives. "Honte et déshonneur" pour Bruno Retailleau (Les Républicains), comportement "hypocrite" d'une gauche uniquement déterminée à "sauver (ses) mandats", a fustigé Marine Le Pen (RN).
"Ce ne sont pas des accords locaux, c'est un accord national", a critiqué Gabriel Attal, le patron de Renaissance.
- Pour Knafo, maintien ou retrait ? -
Les socialistes sont néanmoins restés très fermes vis-à-vis des Insoumis à Paris et Marseille, là où leurs dissensions étaient les plus fortes durant la campagne.
Ni Emmanuel Grégoire à Paris ni Benoît Payan à Marseille, tous deux favoris, n'ont accepté d'alliance avec LFI en vue du second tour, s'exposant aux remontées de Rachida Dati (LR) pour le premier, et de Franck Allisio (RN) pour le second.
Dans les deux premières villes de France, quatre listes sont en mesure d'être sur la ligne de départ du second tour, avec à chaque fois une liste LFI susceptible de diviser les voix de gauche, celle de Sébastien Delogu à Marseille et celle de Sophia Chikirou à Paris.
Si une quadrangulaire se dessine très certainement à Marseille, une incertitude plane encore à Paris. Le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel a rallié sa liste à celle de Rachida Dati, tandis que la candidate Reconquête Sarah Knafo fait planer le doute sur ses intentions. Son maintien pourrait annihiler complètement les chances de faire perdre la gauche dans la capitale.
A Lyon, c'est un duel à suspense qui se dessine entre le sortant écologiste Grégory Doucet, qui a enregistré le ralliement de LFI lundi, et son rival Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre.
Autre sortante écologiste, Jeanne Barseghian a également conclu un accord avec la formation mélenchoniste à Strasbourg, mais cette fois-ci pour battre... une socialiste, la revenante Catherine Trautmann. La ville se dirige vers une triangulaire, avec une liste de droite aussi en lice.
A Lille en revanche, LFI se retrouve isolée, après l'annonce d'un accord PS-Ecologistes pour contrer la percée Insoumise. Les socialistes semblent donc en passe de conserver la préfecture du Nord, même si quatre listes seront probablement sur la ligne de départ, avec Violette Spillebout (Renaissance) et Matthieu Valet (RN).
Bordeaux se dirige pour sa part vers une triangulaire entre le sortant écologiste Pierre Hurmic, le député Renaissance Thomas Cazenave et l'universitaire Philippe Dessertine.
E.Accardi--INP