Le président taïwanais s'engage à défendre la souveraineté de l'île après les manœuvres chinoises
Le président de Taïwan, Lai Ching-te, s'est engagé jeudi à "défendre fermement la souveraineté" de l'île autour de laquelle les forces armées chinoises ont mené cette semaine des simulations de blocus et d'attaques contre des cibles maritimes.
"Ma position a toujours été claire: défendre fermement la souveraineté nationale, renforcer la défense nationale et la résilience de l'ensemble de la société, mettre en place des capacités de dissuasion efficaces et construire des mécanismes de défense démocratiques solides", a déclaré M. Lai dans un discours télévisé à l'occasion de la nouvelle année.
La Chine, qui considère que Taïwan fait partie de son territoire, a affirmé mercredi avoir achevé "avec succès" ses vastes manœuvres militaires entamées lundi autour de l'île, qui comprenaient des tirs réels et ont mobilisé des dizaines d'avions et de navires de guerre.
"La réunification de notre patrie ne pourra pas être empêchée", a affirmé le président chinois, Xi Jinping, dans son message du nouvel an.
Taipei a condamné ces deux journées d'exercices, les sixièmes manœuvres d'importance depuis 2022. Les Philippines et le Japon voisins ont également exprimé leur mécontentement.
- "Ambitions expansionnistes" -
Jeudi, la Chine s'est emportée contre le discours du président Lai, truffé de "mensonges et de bêtises, d'hostilité et de malveillance", selon Chen Binhua, porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises de la République populaire de Chine, qui a accusé M. Lai d'inciter à la "confrontation", selon l'agence de presse Chine nouvelle.
Dans son allocution, le président taïwanais a promis de "construire un Taïwan plus sûr et plus résilient".
"Face à l'escalade des ambitions expansionnistes de la Chine, la communauté internationale observe attentivement si le peuple taïwanais a la détermination de se défendre", a-t-il poursuivi.
Les tensions dans le détroit de Taïwan ont été ravivées par une vente d'armes de Washington à Taipei à la mi-décembre, la deuxième depuis le retour au pouvoir du président américain, Donald Trump, pour 11,1 milliards de dollars, le montant le plus important depuis 2001.
En outre, la nouvelle Première ministre conservatrice du Japon, Sanae Takaichi, a laissé entendre en novembre que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d'attaque contre Taïwan. Cette déclaration a provoqué une grave crise diplomatique avec Pékin.
Le soutien international à Taïwan "n'a jamais faibli", a affirmé M. Lai. "Nous sommes non seulement indispensables, mais nous sommes également une force fiable et responsable au service du bien dans la communauté internationale", a-t-il ajouté.
Fin novembre, le président taïwanais avait annoncé vouloir une armée prête d'ici 2027 à faire face à la Chine. En 2023, William Burns, alors directeur de la CIA, avait déjà évoqué cette année-là comme horizon d'une possible invasion.
Mais le président taïwanais fait face à une crise politique dans l'île, pressée par son allié américain de dépenser davantage pour sa propre défense.
Le budget annuel de l'Etat et une enveloppe de 40 milliards de dollars destinée à développer un système de défense aérienne intégrée sont en effet bloqués par une querelle entre le gouvernement et l'opposition majoritaire au Parlement.
"Face aux dangereuses ambitions militaires de la Chine, Taïwan n'a pas le temps d'attendre ni le temps de se livrer à des querelles en interne", a tonné M. Lai. "Nous pouvons avoir des points de vue différents sur de nombreux sujets, mais sans une défense nationale solide, il ne peut y avoir de nation, ni d'espace pour débattre."
"Ce n'est que par l'unité, et non par la division, que nous pourrons éviter d'envoyer à la Chine le mauvais signal qu'elle pourrait envahir Taïwan", a lancé Lai Ching-te.
A.Mariconda--INP