La France a connu son "été le plus chaud", le gouvernement veut muscler l'adaptation
La France a connu son été "le plus chaud" jamais enregistré, poussant le gouvernement a essayer de muscler son plan d'adaptation du pays face à des extrêmes climatiques appelés à se répéter.
"Nous avons vécu l'été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900", a annoncé la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors de la présentation du bilan climatique de l'été, qui pour les météorologues court de juin à août, au siège de Météo-France près de Paris.
L'été a été marqué par une température moyenne sur 24H00 de 24,0°C, soit +3,6°C par rapport aux normales 1991-2020, et devant les étés 2003 et 2022, précise l'établissement public.
Cette chaleur, accompagnée de sécheresses et d'incendies, n'a pas épargné les voisins de la France: l'été 2026 a aussi été le plus chaud jamais enregistré au Royaume-Uni ainsi qu'en Belgique, selon les agences météorologiques locales.
- "Electrochoc" -
La France a connu trois vagues de chaleur dont l'une, fin juin, a atteint un record d'intensité et une autre, de fin juillet au mois d'août, a égalé avec 23 jours le record de la plus longue vague jamais enregistrée en France, qui datait de 1983.
Le pays a aussi subi pendant cette période des incendies extrêmes, comme celui qui a dévasté une partie de la Gironde. "Fin août, les feux de forêt avaient déjà brûlé six fois plus de surfaces par rapport à la moyenne des vingt dernières années", a souligné Monique Barbut.
Santé publique France a de son côté dénombré quelque 7.300 morts, selon un bilan encore provisoire des victimes des fortes températures cette année établi au 19 août.
"L'été 2026 restera dans l'histoire mais la question que nous devons nous poser à présent est de savoir de quelle manière il le restera", a souligné Monique Barbut.
"Comme le premier d'une longue série qui continuera à battre des records. Ou comme un moment qui nous aura permis d'être à la hauteur des enjeux d'adaptation et d'atténuation", c'est-à-dire de baisse des émissions de gaz à effet de serre, a-t-elle commenté, appelant à un "électrochoc".
- "Préparer l'été prochain" -
"Personne n'était mieux préparé que nous" en Europe, a affirmé la ministre, alors que le gouvernement a été critiqué par les oppositions et par certaines ONG pour son "inaction" dès le début de l'été.
Examens scolaires perturbés par les chaleurs accablantes, réacteurs nucléaires à l'arrêt, récoltes menacées: les chaleurs ont eu des effets multiples. Le ministre de l'Economie Roland Lescure a reconnu "un impact absolument terrifiant" des canicules à répétition.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait chargé fin juillet Monique Barbut - qui a failli démissionner en raison de son opposition à la loi d'urgence agricole - de lui présenter de nouvelles mesures pour "accélérer" la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique.
Elle a promis jeudi des conclusions "d'ici la fin du mois de septembre", avec un plan de financement sur cinq ans. "On ne va pas subir les événements, attendre qu'ils arrivent pour prendre des décisions", a-t-elle martelé, appelant à "préparer l'été prochain comme s'il allait être le même".
"Nous n'aurons pas rénové toutes les écoles d'ici l'été prochain" mais "nous pouvons a minima y faire installer des volets et des brasseurs d'air", a indiqué Monique Barbut, reconnaissant "un certain nombre de situations auxquelles nous devrons porter plus d'attention".
"De même, nous n'aurons pas diversifié les essences de toutes nos forêts d'ici à la prochaine canicule. Mais nous pouvons, d'ici là, imaginer des solutions rapides pour faciliter l'accès des pompiers", a ajouté la ministre, promettant des annonces sur ce sujet à la mi-septembre.
M.Vacanti--INP