Face à la concurrence chinoise, Volvo Cars plonge dans le rouge et saigne dans ses effectifs, l'action décroche
Sous pression à cause de l'hyperconcurrence chinoise et des droits de douanes américain, le constructeur automobile suédois Volvo, contrôlé par le groupe chinois Geely, a annoncé vendredi une perte nette au troisième trimestre et la suppression de 2.500 postes, soit environ 6,4% de ses effectifs.
L'action du groupe dévissait dans la foulée de ces annonces, s'enfonçant de 31% vers 08H00 GMT à la Bourse de Stockholm.
Le groupe employait 39.300 salariés dans le monde au cours des neuf premiers mois de 2026, dont 19.500 en Suède, a-t-il indiqué dans un courriel à l'AFP. Sur les suppressions de postes annoncées, 2.000 concernent la Suède.
"Nous continuons d'évoluer dans un environnement très difficile, marqué par de fortes pressions extérieures: la démondialisation, une concurrence exacerbée et le changement climatique", a déclaré Håkan Samuelsson, patron du groupe spécialisé dans la vente de voitures électriques.
Déjà confronté aux difficultés touchant également d'autres constructeurs automobiles européens, Volvo Cars avait annoncé l'an dernier un plan d'économies de 18 milliards de couronnes.
Qualifiant ce troisième trimestre de "très décevant", le directeur général a évoqué en particulier des marchés à la peine aux Etats-Unis et en Chine.
En Chine, Volvo Cars souffre de la "concurrence intense des nouvelles marques chinoises, qui a pratiquement supprimé toute possibilité de rentabilité pour les marques premium historiques".
- "Effets persistants" des droits de douane -
Une situation qui a entraîné une baisse de près de 50% de son chiffre d'affaires dans ce pays, par rapport à l'an dernier.
Aux Etats-Unis, les "effets persistants" des droits de douane mis en place par Donald Trump, ainsi que la suppression des aides à l'achat de véhicules électrifiés pèse lourdement sur son activité.
"Les faibles performances enregistrées aux États-Unis et en Chine signifient que la moitié de nos activités ne contribuait pas à notre rentabilité", a précisé M. Samuelsson.
Volvo Cars bascule ainsi dans le rouge au troisième trimestre avec une perte nette de 5,7 milliards de couronnes (environ 513 millions d'euros), contre un bénéfice net de 4,5 milliards un an plus tôt.
Son chiffre d'affaires s'est établi à 66,9 milliards de couronnes (6 milliards d'euros) sur cette période, en baisse de 23% par rapport à l'année dernière.
Sur le plan de la rentabilité, le groupe a enregistré une perte d'exploitation ajustée de 3,7 milliards de couronnes suédoises (environ 330 millions d'euros), contre un bénéfice de 5,8 milliards de couronnes un an plus tôt.
Dans ce contexte, le groupe veut réaliser 5 milliards d'économies avec les suppressions de postes annoncés, "par la résiliation des contrats de consultants, de départs naturels et grâce à des plans de départ ciblés proposés aux salariés", a-t-il souligné dans son rapport trimestriel.
Volvo Cars a renoncé en 2024 à son objectif de vendre uniquement des véhicules électriques en 2030.
Le constructeur suédois a nommé fin septembre un nouveau patron qui succédera à Håkan Samuelsson au plus tard le 1er octobre 2027: Klaus Zellmer, actuellement à la tête de Škoda Auto.
A.Rastelli--INP