Le Lac Salé en Turquie : l'assèchement des eaux et de la vie
Au cœur de l'Anatolie, un lac salé d'une beauté à couper le souffle. Des flamants roses et des ouvriers du sel turcs entretiennent la vie d'un site menacé, prisé par les touristes.
En plein centre de la Turquie, le Tuz Gölü (Lac Salé en turc), deuxième plus grand lac du pays, est réputé pour sa splendeur naturelle et son importance économique. Mais il est confronté à une sécheresse chronique et à la diminution des ressources en eau.
Des centaines de flamants roses continuent pourtant de se nourrir dans ces eaux peu profondes, 50 centimètres à peine, leurs ailes roses et rouges offrant des scènes saisissantes au coucher du soleil sur l'immense plaine de salines.
L'étendue lacustre demeure l'un des habitats privilégiés les plus importants du pays pour l'espèce ainsi que pour de nombreux autres oiseaux.
Et elle assure les deux tiers de la production nationale de sel. De lourdes machines le récoltent en couches, que des camions transportent vers des installations de traitement.
Le Tuz Gölü reste une source de subsistance essentielle, sous le regard de touristes avides de selfies et de photos de leur propre reflet à la surface miroitante, sur un arrière-plan aux mille couleurs.
Derrière cette beauté sauvage se dessine pourtant une terrible crise de l'eau.
Selon une étude réalisée en 2024 à l'Université technique du Moyen-Orient (METU) d'Ankara, l'utilisation intensive des eaux souterraines à des fins agricoles, dans le bassin fermé de Konya, à quelques dizaines de kilomètres à l'est, a accru la vulnérabilité du lac à la sécheresse.
L'étude révèle que seulement trois pour cent des précipitations tombant sur le bassin atteignent le lac.
En juillet 2021, le ministère de l'Agriculture a déploré la mort d'environ 1.000 poussins de flamants roses, attribuant ces décès aux pénuries d'eau et à l'augmentation des taux de salinité, qui ont privé les oisillons d'une quantité d'eau suffisante.
L'avenir du site, où faune sauvage, travail humain et tourisme coexistent, dépendra de la protection effective de ses ressources, que le réchauffement climatique rend un peu plus rares chaque année.
T.Cusumano--INP