Mer Noire : onze disparus après de nouvelles frappes sur deux navires près des côtes bulgares
Onze personnes sont portées disparues après de nouvelles frappes contre des navires de commerce en mer Noire, près des côtes de la Bulgarie, qui a convoqué l'ambassadrice de Russie, tandis que l'Otan a dû ajuster son dispositif.
"Nous ne disposons pas de preuves solides et claires pour porter des accusations contre l'une ou l'autre des parties mais, selon toute logique, le résultat bénéficie à la Russie", a déclaré mardi le Premier ministre bulgare Roumen Radev.
C'est la première fois que le chef du gouvernement de ce pays du flanc est de l'Otan, qui tente de garder son ancrage euro-atlantique tout en se rapprochant de Moscou, désigne directement la Russie. Il ne l'avait pas fait au cours d'une première attaque la semaine dernière.
Cette fois, une première frappe s'est produite dans la nuit de lundi à mardi à 16 milles marins à l'est de Byala (est).
Un signal "a été reçu à 01H30 (22H30 GMT) concernant un navire en détresse", le "Chelsea 3", enregistré dans le port ukrainien d'Odessa, selon M. Radev.
D'après l'équipage composé de sept Ukrainiens et de huit Azerbaïdjanais - qui a pu être entièrement secouru -, le cargo, battant pavillon maltais et appartenant à l'Ukraine, a été "frappé par trois drones", a déclaré le Premier ministre pendant une réunion d'urgence du Conseil bulgare de sécurité.
L'autre bâtiment attaqué dans la nuit de lundi à mardi est le "HS Dignity", battant pavillon de Guinée-Bissau. Il a été touché à 17 milles à l'est de Krapets, une localité également située sur le littoral de la Bulgarie, un Etat membre de l'Union européenne, et a "coulé", selon M. Radev.
Une porte-parole de l'administration régionale de Dobrich (nord-est) a précisé à l'AFP qu'onze personnes qui se trouvaient à bord étaient portées disparues et que cinq autres avaient été secourues.
D'après le syndicat syrien des marins, son équipage était composé de 14 Syriens et de deux Egyptiens. Quatre Syriens et un Egyptien ont pu être sauvés.
Le bateau naviguait entre l’Algérie et la Roumanie, a expliqué le ministère bulgare de l’Intérieur.
- "Bouée de sauvetage" -
Le Premier ministre roumain Ilie Bolojan a en conséquence "fermement condamné" dans un communiqué des "violations inacceptables du droit maritime et international", disant vouloir renforcer la coopération avec la Bulgarie, mais aussi avec la Turquie, "pour consolider la sécurité régionale".
Tout comme la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a parlé d'un "nouveau front d'escalade de la guerre russe en Ukraine". "Nous nous tenons aux côtés de la Bulgarie", a-t-elle réagi sur X.
Sur le même réseau social, le secrétaire général de l'Alliance atlantique Mark Rutte a affirmé mardi, après s'être entretenu avec M. Radev, que l'Otan ajusterait "selon les besoins" son dispositif de défense.
Egalement sur X, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga a appelé à "accentuer la pression sur la Russie", la mer Noire étant "une bouée de sauvetage pour la sécurité alimentaire mondiale". "La Russie l'attaque afin de transformer la faim en arme et de prendre le monde en otage", a-t-il affirmé.
La semaine dernière, deux bateaux de commerce avaient déjà été frappés par des drones dans la zone économique exclusive de la Bulgarie en mer Noire, pour la première fois depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.
Neuf Syriens et un Egyptien demeurent portés disparus.
Deux ONG, le Comité Helsinki bulgare et les Avocats bulgares pour les droits humains, ont appelé mardi le parquet à ouvrir une enquête sur de possibles crimes de guerre.
Au moins 45 navires de commerce ont été attaqués au cours des douze derniers mois dans des zones maritimes plus éloignées du conflit qui n’étaient jusque-là pas considérées comme à haut risque, a déclaré le mois dernier le groupe de gestion des risques maritimes Ambrey.
Les inquiétudes grandissant dans l'UE, l'Otan espère dissuader la Russie en l'accusant d'en être responsable à chaque fois que cela est possible et en l'assurant qu'il y aurait des représailles.
H.Zampino--INP