"Climat, santé, Roissy tu nous enfumes": contre l'expansion de CDG, des opposants mobilisés
Une soixantaine d'opposants à l'expansion de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle se sont mobilisés lundi devant le siège du Groupe ADP, gestionnaire et exploitant du site, appelant à abandonner un projet de modernisation "en contradiction complète" avec les objectifs climatiques de la France.
"Pour la santé, pour le climat, c'est toujours non pour l'extension", ont scandé à l'unisson des membres de l'Association de défense des riverains "ADVOCNAR" et du réseau d'ONG "Rester sur terre", brandissant des pancartes et allumant des fumigènes noirs, avant la tenue d'une réunion publique sur les avancées du contrat.
Pour la période 2027-2034, il prévoit notamment la construction de portes d'embarquement supplémentaires, sans nouveau terminal, parmi des investissements de 8,2 milliards d'euros pour l'agrandissement de cet aéroport qui concentre près de 40% du trafic aérien en France.
"Il s'agit d'ajouter 350 vols supplémentaires par jour d'ici à 2050. On a fait le calcul, c'est l'équivalent de l'aéroport de Marseille", dénonce auprès de l'AFP Sacha Ruello-Jossic, chargée de campagne "Rester sur Terre", qui redoute l'impact du projet "sur la santé des riverains et sur le climat".
"On a vu cet été qu'on prenait de plein fouet les conséquences de la crise climatique, avec les incendies, les sécheresses, les canicules... Avec ce projet, on parle d'augmenter les émissions de gaz à effet de serre de Roissy de 28% d'ici à 2050", détaille-t-elle, s'appuyant sur une étude publiée en septembre dernier par l'ONG européenne "Transport & Environment". "C'est énorme, ça explose tout le budget carbone", pointe Mme Ruello-Jossic.
Exhibant l'image d'un incendie prise dans les Landes cet été, le conseiller régional écologiste Jean-Baptiste Pegeon abonde, qualifiant l'aérien de "non-sens écologique."
"On demande au gouvernement l'annulation de cette extension" qui n'est "pas raisonnable", dit-il, renvoyant Emmanuel Macron et la présidente du Conseil régional d'Île-de-France, Valérie Pécresse, aux engagements pris par la France lors de la signature de l'Accord de Paris sur le climat.
"On va déjà vers un réchauffement climatique qui est au-delà des 2 degrés en 2050. Avec ce type de projet, on va plutôt vers une trajectoire à 4 degrés, ce qui serait dramatique", ajoute-t-il.
Début 2021, le gouvernement avait renoncé au projet controversé de Terminal 4 qui aurait fait passer la capacité d'accueil de CDG à 120 millions de passagers dès 2037. La nouvelle approche est "plus progressive et plus sobre", avait promis ADP, lors de la présentation de ce nouveau plan en 2025.
O.R.Lucchese--INP