La CFDT en congrès pour affirmer ses revendications avant la présidentielle
La CFDT, premier syndicat français, tient de lundi à vendredi son 51e congrès à Bordeaux et cherchera un nouvel élan pour appuyer ses revendications avant la campagne présidentielle.
Les 1.654 délégués se prononceront sur des réformes internes d'organisation mais aussi des questions de société très politiques, tout en renouvelant leurs instances dirigeantes pour les quatre ans à venir.
A 49 ans, Marylise Léon, qui a succédé en 2023 à Laurent Berger, est assurée d'être reconduite.
Ce sera "un congrès de transition, entre le grand mouvement social de 2023 sur la retraite et une situation d'attente liée à l'élection présidentielle de 2027", analyse Guy Groux, spécialiste du syndicalisme et directeur de recherche honoraire au CNRS.
Les délégués devront notamment se prononcer sur l'opportunité de tenir des conventions d'adhérents, sur le modèle des conventions citoyennes, pour faire participer la base aux questions débattues par les instances dirigeantes.
Après avoir gagné des adhérents en 2023 suite au mouvement contre la réforme des retraites, "on doit répondre à une attente qui est de plus en plus forte de leur part, celle de participer à la vie démocratique de l'organisation", a expliqué à l'AFP la secrétaire générale Marylise Léon.
- "Risques climatiques" -
D'autres débats porteront sur la possibilité pour des non adhérents de se présenter sur des listes CFDT aux élections professionnelles, la syndicalisation des demandeurs d'emploi ou encore le taux de la cotisation, qui doit augmenter pour passer de 0,75% à 0,95% du salaire.
Concernant les grands sujets de société, sera proposée la création d'une sixième branche de la Sécurité sociale intitulée "conditions de vie et transition écologique".
"Il nous semble que c'est le rôle de la Sécurité sociale d'élargir la couverture des risques aujourd'hui à des risques sociétaux et à la question des risques climatiques" car "on va être face à des risques climatiques majeurs que beaucoup d'assureurs disent dès aujourd'hui qu'ils ne veulent plus assurer", justifie Marylise Léon, qui a longtemps travaillé sur les questions de sécurité au travail et d'environnement.
L'abaissement du droit de vote à 16 ans et celui des étrangers aux élections locales seront également discutés, ainsi que la fixation d'un objectif d'écart maximal de un à 40 entre le salaire médian et les plus hautes rémunérations, ou encore la cessation d'activité des personnes trop éloignées de l'intelligence artificielle.
D'autres grands sujets de société ne feront pas l'objet de débats, à commencer par celui des retraites: la résolution revendicative réaffirme néanmoins l'attachement au système par répartition et à son équilibre financier, tandis que "repousser l’âge légal n’avait et n’a toujours aucun sens tant que ne seront pas en emploi celles et ceux qui en sont éloignés".
L'absence de débat sur ce thème montre qu'"il y a de la confiance dans l'organisation, et on se concentre sur d'autres sujets", explique Marylise Léon.
- Unité syndicale -
La question des retraites divise les syndicats: la CFDT avait défendu un système à points en 2019-2020, s'attirant l'hostilité d'autres syndicats, dont la CGT.
Si cette idée revient dans le débat aujourd'hui, "l'unité syndicale risque d'en subir des contrecoups", selon Guy Groux, alors que la CFDT reste attachée à l'intersyndicale construite durant le mouvement de 2023.
Les débats du congrès seront suivis par de nombreux invités dont une centaine de syndicalistes étrangers, qui pour certains témoigneront de leur situation dans des pays où l'extrême droite est au pouvoir.
Des représentants de certains partis politiques français, Horizons, Renaissance, le MoDem, le PS, les Ecologistes et Générations, qui s'intéressent aux questions du travail, de l'emploi, de la protection sociale seront également présents, "non pas pour participer, mais pour assister à nos débats", précise Marylise Léon.
La secrétaire générale prononcera lundi un discours sur le rapport d'activité des quatre dernières années qui sera largement débattu avant un vote sur le texte mercredi.
Jeudi seront élus pour quatre ans les instances dirigeantes, le bureau national, puis la commission exécutive, qui devrait accueillir quatre nouveaux membres sur dix au total, selon une liste de candidatures établie par le bureau national avant le congrès.
La CFDT, qui revendiquait 642.000 adhérents fin 2025, est depuis 2018 le premier syndicat tous secteurs confondus, avec une représentativité de 26,58% pour le secteur privé en 2025, devant la CGT.
E.Scozzafava--INP