Maduro rejette les accusations de torture, de "fausses allégations"
Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores ont plaidé non-coupable jeudi de nouvelles acccusations portées contre eux par la justice américaine pour torture, l'ancien chef d'État vénézuélien dénonçant de "fausses allégations".
Au cours d'une audience d'une trentaine de minutes devant un tribunal fédéral de New York, les deux ont rejeté ces accusations de violences commises contre des opposants politiques, dont des électrocutions, passages à tabac ou simulations de noyade.
"J'ai constaté qu'il s'agit d'un ensemble d'allégations et d'arguments déjà présentés auparavant, reposant sur de fausses accusations et des faux témoignages à mon encontre", a lancé l'ancien homme fort de Caracas, 63 ans.
"Que plaidez-vous, coupable ou non coupable ?", l'a interrompu le juge Alvin Hellerstein.
"Je rejette ce document dans son intégralité car il contient de fausses accusations et des faux témoignages", a insisté Nicolas Maduro, la voix claire, s'exprimant en espagnol, debout face au juge.
Son épouse Cilia Flores, 70 ans, vêtue comme son mari d'un uniforme beige de détenus, a affirmé être "complètement innocente".
Incarcérés dans une prison de Brooklyn depuis leur spectaculaire capture par l'armée américaine au début du mois de janvier, les époux étaient initialement poursuivis pour avoir supervisé un important trafic de cocaïne entre le Venezuela et les Etas-Unis.
Depuis la semaine dernière, il leur est désormais également reproché un "complot en vue de commettre des actes de torture" contre les opposants de Nicolas Maduro durant la période où il a dirigé le pays, entre mars 2013 et janvier 2026.
- Procès en juin -
Le nouvel acte d'accusation évoque notamment, sans le nommer, le cas d'un officier militaire arrêté en 2013 et que Nicolas Maduro suspectait de préparer un coup d'État.
Selon les procureurs, le président aurait ordonné son arrestation et son transfert aux services de renseignement militaire. L'homme aurait ensuite été frappé et soumis à des décharges électriques répétées pendant sa détention.
Le document judiciaire rapporte aussi qu'à plusieurs reprises la torture a été utilisée à la suite de manifestations anti-gouvernementales en 2014 dans le but d'intimider les opposants politiques.
Il évoque enfin plusieurs cas de ressortissants américains détenus dans les prisons du pays : l'un d'eux, arrêté en 2022, aurait subi des coups et des décharges aux organes génitaux ; un autre, arrêté en 2025, aurait été battu pendant deux jours.
Tout au long de sa présidence, entre 2013 et 2026, M. Maduro a été régulièrement accusé par des associations de défense des droits humains d'utiliser des moyens répressifs pour se maintenir au pouvoir.
Au cours de sa première comparution à New York en janvier, le président déchu s'était présenté comme "un prisonnier de guerre" des États-Unis.
Depuis lors, il a notamment contesté la légalité de l'acte d'accusation, arguant notamment de son immunité en tant que chef d'État étranger. Un argument rejeté par le parquet et qui n'a pas encore été examiné sur le fond.
La semaine dernière, Cilia Flores, s'est par ailleurs vue refuser une demande de remise en liberté pour raison de santé.
"Elle a un problème très délicat au cœur, un prolapsus", avait récemment justifié son fils Nicolas Maduro Guerra auprès de l'AFP, dépeignant des conditions de détention incompatibles avec sa maladie.
Mais le juge Hellerstein lui a refusé d'être placée en résidence surveillée sous régime strict, comme demandaient ses avocats, estimant notamment qu'elle présentait un risque élevé de fuite.
Depuis la capture de l'ex-chef d'État, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a pris sa suite et gouverne sous la pression de Washington, qui affirme être aux commandes du pays pétrolier.
Le procès du couple devrait débuter en juin 2027.
S.Maiolo--INP