Deux hommes juifs blessés dans une attaque au couteau à Londres
Deux hommes juifs ont été blessés et un suspect arrêté mercredi après une attaque au couteau dans le nord de Londres, considérée comme "terroriste" par la police et qui survient après une série d'incidents à caractère antisémite dans ce secteur ces dernières semaines.
Les deux hommes, âgés de 76 et 34 ans, ont été poignardés à Golders Green, quartier où vit une importante communauté juive. Ils ont reçu des soins sur place avant d'être transportés à l'hôpital, où ils sont dans un "état stable", a indiqué la police.
"Cet évènement a désormais été formellement déclaré comme un acte terroriste", a indiqué Laurence Taylor, chef de l'unité antiterroriste au sein de la police londonienne, lors d'une brève allocution à la presse.
Le suspect, un homme de 45 ans, a été "arrêté pour tentative de meurtre et placé en garde à vue. Nous travaillons à établir sa nationalité et ses antécédents", avaient indiqué plus tôt les forces de l'ordre.
Sur place, quelques habitants se tenaient à proximité des voitures et des cordons de police, une femme portant une pancarte blanche "Stop aux attaques contre les juifs".
"C'est de l'antisémitisme pur, et l'antisémitisme tue. Nous avons besoin que le gouvernement renforce ses actions", a déclaré à l'AFP Gideon Levy, 65 ans.
Des images de vidéosurveillance partagées sur les réseaux sociaux montrent un homme se jeter sur un habitant attendant à un arrêt de bus, et s'en prendre violemment à lui quelques instants après que celui-ci a mis une kippa sur sa tête.
"L'attaque antisémite à Golders Green est absolument révoltante. S'en prendre à notre communauté juive, c'est s'en prendre au Royaume-Uni", a déclaré le Premier ministre Keir Starmer sur X.
Le dirigeant travailliste a remercié le groupe juif de surveillance du voisinage Shomrim North West London, dont les membres ont maîtrisé le suspect avant l'intervention de la police, et le service d'urgence bénévole Hatzola, qui s'est occupé des blessés.
Le suspect a également tenté de poignarder des policiers, qui n'ont pas été blessés, et a été neutralisé avec un taser.
"Les mots de condamnation ne suffisent plus", a réagi le grand rabbin Ephraim Mirvis, appelant "chaque institution, communauté, dirigeant et personne de ce pays à prendre des mesures concrètes".
- "Mesures décisives" -
Plusieurs incendies et tentatives d'incendies criminels ont visé ces dernières semaines des lieux liés à la communauté juive dans le nord-ouest de Londres, sans faire de blessés.
La première de ces attaques à caractère antisémite a eu lieu fin mars contre des ambulances de Hatzola, suivie d'autres visant une synagogue dans le quartier de Harrow, ou encore le local d'une organisation caritative juive.
"Le gouvernement britannique ne peut plus prétendre que la situation est sous contrôle", a accusé mercredi le ministère israélien des Affaires étrangères sur X, exhortant le Royaume-Uni à prendre des "mesures décisives" et "en urgence".
Ces événements ont accru l'inquiétude de la communauté juive, déjà traumatisée par l'attaque contre une synagogue de Manchester le 2 octobre 2025. Deux fidèles avaient été tués et trois autres grièvement blessés.
"Nous faisons de notre mieux pour mener une vie aussi normale que possible, mais chaque jour est une lutte", a déclaré à l'AFP Stephen Bak, un bénévole de Shomrim.
La police a renforcé ses patrouilles dans le secteur, où la présence policière était déjà accrue ces dernières semaines, a indiqué le maire de Londres Sadiq Khan.
Au total, 26 personnes ont été arrêtés dans les enquêtes sur les incendies et tentatives d'incendie criminel survenus à Londres après le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février. Ces actes n'ont pas été déclarés "terroristes" même si les enquêtes ont été confiées à l'unité antiterroriste de la police.
Les motivations des suspects n'ont pas encore été clairement établies mais la police enquête sur la revendication d'un groupe baptisé Harakat al-Yamin al-Islamiyya (Hayi), qui serait pro-Iran.
Un mur recouvert de portraits de manifestants tués dans la répression par les autorités en Iran a été la cible lundi d'un incendie, qui n'a pas fait de dégâts, tout comme les locaux de la télévision en langue persane Iran International, classée organisation terroriste par Téhéran, quelques jours plus tôt.
S.Maiolo--INP