Mondial-2026: Courtois le Belgo-Madrilène face à son deuxième pays
L'Espagne est son "deuxième pays" mais le Belge Thibaut Courtois ne fera pas de sentiments au moment d'affronter la Roja vendredi en quart de finale du Mondial avec l'ambition de rejoindre le dernier carré, comme en 2018.
"C'est un match contre mon deuxième pays. Mon fils (Nico, qui a la double nationalité, NDLR) sera pour la Belgique, sinon il ne rentre plus à la maison", a plaisanté "la Pieuvre" au soir de la nette victoire (4-1) face aux Etats-Unis lundi en huitième de finale.
"Les quarts, c'était l'objectif. Tout ce qui vient en plus, c'est du bonus", a ajouté celui qui défend la cage du Real Madrid depuis huit saisons après avoir porté le maillot de l'Atlético de 2011 à 2014 (prêté alors par Chelsea).
Meilleur gardien de la Coupe du monde 2018, Trophée Yachine récompensant le meilleur gardien du monde en 2022, le géant flamand (1,99 m) traverse la 23e édition du Mondial avec la sérénité du sage qu'il est devenu du haut de ses 34 ans.
Irréprochable lors des cinq premiers matches, il n'a rien pu faire sur les cinq buts concédés par les Belges depuis l'entame de la compétition, le dernier face à la Team USA sur un coup franc dévié dans son propre but par son équipier Hans Vanaken.
- Retraite internationale -
Mais si la Belgique est toujours en vie dans le tournoi, elle le doit à plusieurs arrêts de grande classe du joueur formé au RC Genk, dans le Limbourg belge. "Thibaut nous a maintenus dans le match à quelques reprises. Je suis content pour lui", n'a pas manqué de le féliciter son sélectionneur français, Rudi Garcia.
Le fait que le grand Thibaut n'ait eu que neuf arrêts à effectuer en cinq rencontres (selon le statisticien Opta) a un côté rassurant pour une équipe de Belgique dont la défense était considérée comme le point faible il y a encore quelques semaines.
Lundi à Seattle face à la bande à Folarin Balogun, les Diables rouges ont défendu en avançant, ce qui a empêché les Américains de s'approcher du but de Courtois, qui a passé 90 minutes tranquilles.
Son samedi à Los Angeles risque d'être bien plus agitée face à une Espagne favorite qui alignera des attaquants que Courtois connaît parfaitement pour les affronter régulièrement en Liga.
- Impact psychologique -
Les Lamine Yamal, Torres ou Dani Olmo n'ont sans doute guère de secrets pour le gardien belge.
Affronter l’Espagne, pour lui "c'est un avantage parce qu'il les connaît par coeur", confirme pour l'AFP Thierry Barnerat, spécialiste du poste de gardien de but qui connaît très bien Courtois, puisqu'il est son analyste personnel.
"Il les +lit+ très vite et ça c'est quand même un avantage pour déclencher certaines choses, certains arrêts. Et l'autre avantage, c'est qu'il a sans doute un impact psychologique sur eux", ajoute-t-il. "Eux, ils n’aiment pas jouer contre lui (...). Ils le connaissent. Ils se disent +s'il est dans un bon jour, il va nous faire la misère+.»
Courtois, en outre, fera tout pour que le duel de cette fin de semaine ne soit pas sa dernière apparition dans un Mondial. Car il a laissé entendre qu'il pourrait mettre un terme à sa carrière internationale au terme du tournoi alors qu'il est devenu (avec 20 matches) le Belge ayant disputé le plus de rencontres en Mondial.
"Mon corps a besoin de souffler", a expliqué début juin le trentenaire, régulièrement tracassé par ses adducteurs après avoir souffert d'une grave blessure à un genou en 2023.
Il se concentrerait alors exclusivement sur sa fin de carrière au Real (où il est sous contrat jusqu'en juin 2027), "rassuré par la relève" en Belgique, avec des jeunes pleins de talents à l'image de Senne Lammens, impressionnant cette saison à Manchester United, ou Mike Penders, révélation de Ligue 1 avec Strasbourg où il était prêté par Chelsea qui le récupérera en vue de la saison à venir.
Q.Bernardi--INP