XV de France: Lenni Nouchi au tournant du Tournoi
Troisième ligne prometteur, le Montpelliérain Lenni Nouchi a découvert le sacro-saint Tournoi des six nations avec le XV de France contre l'Irlande et s'apprête à enchaîner une deuxième feuille de match à Cardiff dimanche, récompense d'un gros potentiel et d'un début de saison canon.
Contrat prolongé à Montpellier, quatrième saison en Top 14, registre élargi en troisième ligne: Nouchi (22 ans, 3 sélections) s'est épanoui cette saison pour s'affranchir de pépins physiques et tracer sa voie vers les sommets.
"C'est une sorte de récompense parce que j'ai essayé de mettre les choses en place pour y aller. Ce n'est pas une finalité en soi, j'y vais pour essayer de jouer et m'appuyer sur mon début de saison", promettait-il au lendemain de la sélection dévoilée par Fabien Galthié, l'esprit tourné vers le Tournoi.
L'Héraultais a convaincu lors de son gros quart d'heure passé sur le terrain face aux Irlandais, faisant étalage de sa puissance pour mettre de l'avancée dans un jeu tricolore en souffrance.
Lenni Nouchi était dans les radars du sélectionneur français depuis la triste tournée en Argentine à l'été 2024. Mais il avait été contraint de renoncer à deux autres convocations, pour la tournée suivante en Nouvelle-Zélande à l'été 2025, puis pour les tests automnaux, blessé à chaque fois.
Avant cette double défection, le troisième ligne polyvalent avait posé des jalons avec les Bleuets au Mondial 2023, avec Oscar Jegou, Théo Attissogbe ou Nicolas Deporteere.
- Complet -
Retardé dans sa montée en puissance, le Montpelliérain affiche sa plénitude depuis le début de saison où il rayonne dans tous les secteurs de jeu. En treize rencontres de Top 14, il a inscrit six essais, dont un doublé face à Bordeaux-Bègles (28-24).
"Aujourd'hui, il est capable de changer le cours d'un match. Il fait partie des facteur X que chaque équipe souhaite avoir", relève l'entraîneur adjoint du MHR en charge de la mêlée Didier Bès.
Son influence, sa présence dans le jeu et son efficacité nouvelle répondent à la volonté du staff héraultais d'accompagner sa soif de progresser et de lui donner un rôle majeur.
"Lenni était identifié un petit peu comme un élément défensif. On a mis un système de jeu autour de lui et il est plus offensif qu'avant, ce qui plaît à Fabien (Galthié). En équipe de France, c'est fini les joueurs cantonnés à un secteur, il faut être complet. Il répond à cette attente même s'il y a beaucoup de prétendants à ce poste-là", loue l'entraîneur Joan Caudullo.
"C'est un gros plaqueur, un gros porteur, un élément qui travaille la touche", complète Bès.
Ses références ? "Quand j'étais plus jeune, c'était les secondes lignes, comme Bakkies Botha, ce n'était pas trop rugby, mais ça faisait mal", a souri Nouchi cette semaine en conférence de presse, en référence au massif champion du monde sud-africain 2007.
- Pleine mesure -
Lancé en Top 14 en octobre 2022, le fils de Samuel Nouchi, ancien deuxième ligne de Toulon, Béziers ou Montpellier, a pris la mesure de son nouveau statut, mais aussi de son potentiel pour élargir son registre et épaissir son physique.
"Il a compris que le haut niveau, c'est très exigeant physiquement, donc il faut bien se préparer. Pas mal de jeunes sont polarisés sur le jeu plutôt que de souffrir dans une salle, de renforcer leurs corps pour résister aux collisions et exister au plus haut niveau. Lenni l'a fait et il en ressent les bienfaits. Cela se voit sur le terrain", souligne Bès.
Ses soucis au dos domptés, l'esprit libéré par sa prolongation de contrat cet été malgré l'approche de Toulon, la préparation estivale digérée, Lenni Nouchi a donné sa pleine mesure pour assumer son rôle de capitaine et leader de touche.
"Etre capitaine, ce n'est pas juste faire la pièce. C'est le rapport avec le staff, les arbitres, et être leader de jeu pour amener l'équipe dans son sillage et dicter la stratégie", explique Bès.
S.Abato--INP