Canicule: 26 millions de personnes en alerte rouge, en attendant la lente décrue
Vingt-six millions de Français sont toujours concernés par la vigilance rouge à la canicule, avant une décrue mardi, qui ne sera pour autant pas synonyme de fin de ce troisième coup de chaud sur la France en moins de deux mois.
Dans le Morbihan, la Loire-Atlantique, la Vendée, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, le Maine-et-Loire, les Deux-Sèvres, la Vienne, la Haute-Vienne, la Creuse et l'Orne, l'alerte rouge sera rétrogradée en orange ce soir à 22h00, indique le prévisionniste Météo-France dans son bulletin matinal.
Le nombre de départements en rouge doit être de 26 mardi, pour 50 en orange.
En attendant, trente-sept départements restent actuellement en alerte maximale. D'après un calcul de l'AFP à partir des données de population annuelles de l'Insee, cela concerne quelque 26 millions de Français, dont toute la région Île-de-France.
Dans la nuit de dimanche à lundi, les températures ont encore été très élevées, dépassant en Essonne un record vieux de neuf ans avec 23,7°C à Dourdan, et de sept ans dans le Morbihan avec 23,1°C à Pleucadeuc, a indiqué lundi Météo-France.
Même si "une baisse très progressive s'esquisse" par la façade atlantique, "l'épisode caniculaire persiste, toujours sévère et durable", avertit l'institut, ajoutant que les températures doivent repartir à la hausse mardi "sur le centre du pays, l'Ile-de-France et le Sud-Ouest".
- Réacteurs à l'arrêt -
Ce troisième épisode d'intenses chaleurs, après celui de la fin mai et celui de la fin juin, a eu d'importants effets sur les infrastructures, à l'instar de l'arrêt de production de trois réacteurs dimanche, Golfech (sud-ouest), au Bugey (sud-est) et à Chooz (nord-est) à la frontière belge, des arrêts toujours en vigueur lundi dans la matinée.
Sept autres connaissent des "adaptations de puissance", à la baisse.
A la SNCF, à la mi-journée, tout le trafic des trains à grande vitesse au départ de la gare de Lyon vers le sud-est de la France, qui avait été ralenti ou supprimé depuis dimanche, est en voie de reprise.
Pour les deux jours à venir, un train sur trois sera encore annulé aux heures chaudes de la journée sur les lignes Intercités (Paris-Clermont, Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, et Marseille-Toulouse-Bordeaux). Ces suppressions de trains sont "renouvelées de deux jours en deux jours et dureront tout le temps de l'alerte rouge", a indiqué SNCF Voyageurs.
Les lignes Intercités sont exploitées avec du matériel roulant Corail datant des années 80, peu adapté au réchauffement, où la climatisation cesse de fonctionner au-delà de 35 à 38 degrés.
"Nous avons oublié que nous dépendons de la nature qui nous entoure", a écrit sur le réseau LinkedIn Maud Caillaux, cofondatrice de l'entreprise Green-Got, spécialisée dans la décarbonation du système bancaire, dont le train est resté bloqué jusqu'à 3h00 du matin en raison d'un feu de forêt sur la voie.
- 32.000 hectares -
Cette troisième période de fortes chaleurs s'est cette fois accompagnée de puissants incendies dont le premier bilan donne déjà le vertige: quelque 32.000 hectares ont été "parcourus" par le feu depuis le début de l'année en France, soit plus que durant "toute la saison 2025" des incendies, a affirmé lundi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
Partout dans le pays, les secours ont dû lutter contre les flammes: Pyrénées-Orientales, Drôme, Lot, Lot-et-Garonne, Savoie, mais aussi des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre, la Loire-Atlantique, les Côtes-d'Armor et le Maine-et-Loire.
Ces incendies sont arrivés jusqu'en région parisienne, la forêt de Fontainebleau étant en proie lundi à un incendie hors norme qui pourrait avoir "une origine volontaire", a aussi dit le ministre.
Deux Canadair ont écopé dans la Seine lundi matin avant de larguer des tonnes d'eau sur la forêt en feu. La veille déjà, deux avions Dash avaient été utilisés pour répandre au sol du produit retardant. Et ce sans compter le recours, plus classique, à des hélicoptères bombardiers d'eau.
Les fortes chaleurs, qui étouffent l'Île-de-France et une bonne partie du pays depuis plusieurs jours, accroissent considérablement le risque de départs de feux, attisés aussi par la sécheresse des sols.
F.M.Buffo--INP