Une alliance menée par Airbus officialisée jeudi après l'échec du SCAF, l'avion de combat franco-allemand
Une alliance menée par Airbus avec des industriels allemands doit être officialisée jeudi à Berlin pour développer un avion de combat de sixième génération, alternatif au SCAF, projet franco-allemand enterré lundi par Friedrich Merz et Emmanuel Macron.
"Nous sommes prêts à assumer des responsabilités", a déclaré mercredi le directeur de la division défense d’Airbus, l'Allemand Michael Schöllhorn, à propos de ces plans, en accueillant le chancelier Merz au Salon international de l’aéronautique (ILA) à Berlin.
Jeudi, "une cérémonie officielle de signature" des huit entreprises membres de l'alliance pour l'avion de sixième génération aura lieu au Salon ILA.
Cette alliance représente une alternative au projet franco-allemand-espagnol d'avion du futur,, enterré du fait des tensions entre les deux principaux constructeurs, le français Dassault et l'européen Airbus.
L'échec du SCAF "ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie" de défense, a jugé mercredi le chancelier allemand au salon aéronautique ILA à Berlin, assurant que Berlin et Paris poursuivront "le véritable noyau du SCAF", dans lequel réside "une grande opportunité pour un projet d’avenir franco-allemand".
Le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion, mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat". Cette partie, ce "noyau", pourrait être poursuivie, plaident Paris et Berlin.
La nouvelle alliance, menée par Airbus, a soumis ses idées au ministère allemand de la Défense en début de semaine, qui ne s'est pas encore prononcé sur le projet.
"De plus amples informations seront communiquées par les entreprises partenaires lors de la cérémonie officielle de signature", a indiqué une porte-parole d'Airbus à l'AFP.
En plus du constructeur aéronautique, l'alliance réunit le missilier européen MBDA et six entreprises allemandes: Hensoldt, spécialisé dans l'avionique, le groupe de défense Diehl, le fabricant de moteurs MTU Aero Engines, les constructeurs d'équipements aéronautiques Liebherr et Autoflug ainsi que le spécialiste de technologies électroniques Rohde & Schwarz.
Reste à savoir si l'alliance pourrait s'allier à d'autres partenaires, comme le suédois Saab. Interrogé par l'AFP, le constructeur de l'avion Gripen a dit "ne pas vouloir commenter les spéculations", tout en disant qu'il restait "ouvert à une variété de collaborations et de partenariats".
- Dissuasion -
Les contours du projet d'avion de sixième génération ont été dévoilés dans un document d'orientation, que s'est procuré l'AFP.
Le document qui doit être signé jeudi par les huit entreprises affirme que l'avion du futur et l'écosystème autour d'armements auront pour objectif d'éviter un conflit par la dissuasion.
L'alliance espère obtenir des commandes du gouvernement allemand cette année. Elle appelle Berlin à "une passation de contrats complète et en temps voulu pour le second semestre 2026".
Le document marque l'urgence pour l'industrie allemande d'innover, après l'échec du projet d'appareil franco-allemand, qui impliquait nombre d'entreprises allemandes et leurs fournisseurs.
En juillet, lors du Conseil des ministres franco-allemand, les ministres de la Défense des deux pays "formuleront un plan de travail commun, complet et adapté à notre époque pour la coopération dans l’industrie de défense", a promis Friedrich Merz.
- D'autres options -
Mardi, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, avait déclaré que le nouveau projet était "envisageable" et qu'il était une des possibilités" étudiées par Berlin.
D'autres options sont sur la table, selon lui: commander davantage d'avions américains F-35, rejoindre un autre projet international en cours ou une troisième possibilité qu'il n'a pas voulu dévoiler.
Des "pourparlers avec diverses parties prenantes" sont en cours depuis des mois à ce sujet, avait-il déclaré plus tôt.
Pour l'inspecteur de l'armée de l'air allemande Holger Neumann, l'Allemagne devrait acheter de nouveaux F-35, malgré la quête d'autonomie stratégique européenne.
Projet emblématique de coopération dans la défense européenne, le SCAF avait été lancé en 2017 par Emmanuel Macron et la chancelière allemande de l'époque Angela Merkel et rejoint par l'Espagne en 2019.
Son abandon est un lourd échec pour les Européens, qui veulent renforcer leur coopération dans la défense face à la menace russe et ont dopé leurs investissements militaires depuis le début de la guerre en Ukraine.
A.Mariconda--INP