Bangladesh: le Premier ministre Tarique Rahman officiellement investi
Le chef du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) Tarique Rahman, large vainqueur des premières élections législatives consécutives à l'insurrection qui a mis à bas le régime de fer de Sheikh Hasina en 2024, a été officiellement investi mardi Premier ministre.
Héritier d'une éminente dynastie familiale, Tarique Rahman, 60 ans, prend la tête d'un pays de 170 millions d'habitants toujours agité par de vives tensions politiques et à l'économie en souffrance.
Lors d'une cérémonie retransmise à la télévision nationale, il a prêté serment devant le président Mohammed Shahabuddin, promettant "foi et loyauté envers le Bangladesh" et de "protéger la Constitution", avant les membres de son gouvernement.
Les membres du Jatiya Sangsad, la chambre unique du Parlement, ont prêté serment dans la matinée.
Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) qu'il dirige, a remporté jeudi une victoire sans bavure, en raflant 212 des 300 sièges à pourvoir au Parlement, contre 77 pour la coalition des islamistes du Jamaat-e-Islami.
"Je dédie ma victoire au peuple du Bangladesh (...) et à ceux qui se sont sacrifiés pour lui", a-t-il déclaré samedi lors de sa première prise de parole publique depuis le scrutin. "A partir d'aujourd'hui, nous sommes libres."
Tarique Rahman va succéder au chef du gouvernement provisoire en place depuis la chute de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina en août 2024, Muhammad Yunus.
Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix âgé de 85 ans, a annoncé lundi soir qu'il se retirait avec toute son équipe, comme prévu.
"Aujourd'hui, le gouvernement provisoire démissionne. Mais il faut que la pratique de la démocratie, de la liberté d'expression et du respect des droits fondamentaux qui a été engagée ne s'arrête pas", a-t-il exhorté lors de sa dernière allocution télévisée de "conseiller en chef".
- Reconstruction -
Selon la commission électorale, le BNP a frôlé la majorité absolue en recueillant 49,97% des suffrages, contre 31,76% pour la coalition conduite par les islamistes.
Après avoir dénoncé de nombreuses "irrégularités" ou "manipulations" et exigé une correction des résultats, le chef du Jamaat-e-Islami, Shafiqur Rahman, a finalement concédé sa défaite et promis de mener une opposition "constructive" au Parlement.
"Nous reconnaissons les résultats, et nous respectons l'Etat de droit", a-t-il écrit samedi dans un message diffusé au petit jour sur les réseaux sociaux.
Signe de l'apaisement qui semble prévaloir entre les deux camps, Tarique Rahman a rendu dimanche une visite de courtoisie à son adversaire.
Issu du nouveau Parti national des citoyens (NCP) membre de la coalition islamiste, le député élu Akhtar Hossain a voulu voir dans cette entrevue un signe "d'unité" et "un changement dans la culture politique du pays".
Au lendemain de sa victoire, Tarique Rahman a annoncé qu'il s'attaquerait en priorité à la reconstruction du pays.
"Nous débutons notre chemin dans une situation où l'économie est fragile car elle a été abandonnée par un régime autoritaire, où notre constitution et nos institutions sont affaiblies et où la sécurité publique n'existe plus."
Forte inflation, chômage en hausse, investissements en berne, l'économie du Bangladesh patauge dans les difficultés. Sa production de textile, la deuxième au monde, a été sévèrement affectée.
"Si le BNP parvient à faire du bon travail sur l'économie, tout le reste sera plus facile pour le gouvernement", a commenté Thomas Kean, analyste à l'International Crisis Group (ICG), "cela créera le climat de stabilité requis pour relever tous les autres défis".
F.dAangelo--INP