Canal+ va pousser plus loin le "divertissement personnalisé" grâce à l'IA
Renforcé par son expansion en Afrique en 2025, le groupe audiovisuel Canal+ entend être à la pointe en s'appuyant sur l'intelligence artificielle de Google Cloud et OpenAI pour offrir du "divertissement personnalisé" à ses clients en France et à l'étranger.
"J'aimerais une comédie romantique réconfortante" ou "une série historique épique": à partir de juin prochain, les abonnés faisant ces requêtes pourront se voir proposer par exemple "Bridget Jones: Mad About the Boy" et "King & Conqueror", selon Canal+.
Avec cette technologie, le groupe promet une "innovation sans précédent dans le secteur du divertissement", grâce à un partenariat avec OpenAI, créateur de ChatGPT. "Selon leurs préférences, leur humeur ou encore leur envie du moment", ils recevront ainsi des recommandations "parfaitement adaptées", a-t-il indiqué mercredi.
En tant que "super-agrégateur", "nous avons un enjeu particulier", celui "d'aider nos abonnés à se repérer et trouver ce dont ils ont envie", souligne auprès de l'AFP Maxime Saada, président du directoire de Canal+.
D'autres plateformes utilisent déjà des technologies basées sur l'IA pour leur système de recommandation.
Dans la même perspective, l'IA de Google Cloud sera déployée également mi-2026 en Europe et en Afrique, afin d'accélérer l'indexation vidéo des contenus de Canal+.
Cela permettra notamment d'offrir une page d'accueil "sur mesure basée sur les préférences de visionnage de chaque abonné", explique le groupe dans un communiqué.
L'IA générative sera également mise au service de la création. Veo3, la nouvelle technologie vidéo d'IA générative de Google, sera proposée aux producteurs et réalisateurs travaillant avec Canal+, pour prévisualiser des scènes ou réaliser des effets spéciaux impossibles dans la réalité.
"On est très prudents" et il n'y aura pas de "substitution des acteurs", assure Maxime Saada.
Les conditions financières de ces accords avec les deux sociétés américaines n'ont pas été révélées.
- Faire "voyager" les productions -
Canal+ veut voir grand: depuis le rachat du géant sud-africain MultiChoice en septembre, le groupe compte 42,3 millions d'abonnés dans plus de 70 pays (contre 25,7 millions auparavant), soit quatre fois plus qu'il y a 10 ans.
Selon son président, "2025 a été une année de transformation réussie pour Canal+", qui a atteint "une taille critique".
Le redressement de MultiChoice est une priorité. Début mars, la fermeture de sa plateforme de streaming Showmax a été annoncée. Pour relancer la croissance de la base d'abonnés, un plan d'investissement de 100 millions d'euros va être mis sur les rails.
De plus, il est prévu d'économiser 400 millions d'euros par an à partir de 2030 grâce aux synergies de coûts entre Canal+ et MultiChoice, soit davantage qu'anticipé.
"En Europe, nous poursuivrons nos efforts pour améliorer la rentabilité" en 2026, affirme Maxime Saada. Une revue systématique des coûts est en cours.
En France, des offres d'abonnement d'entrée de gamme avec publicité vont être proposées, tandis que certains tarifs vont augmenter et que le partage de compte hors foyer ne sera plus possible.
Canal+ est coté à la Bourse de Londres depuis la scission d'avec sa maison mère Vivendi en décembre 2024. "Notre cours a doublé depuis un an", après "des débuts un peu difficiles", reconnaît sa directrice financière, Amandine Ferré.
"On a un peu fait taire les mauvais esprits" sur la valorisation de Canal+, dit Maxime Saada. Et "on est assez loin encore de ce qu'on pense que la société vaut", étant donné les nombreux chantiers en cours, fait-il valoir.
Le champion tricolore entend rester à l'offensive sur un autre de ses piliers, celui de la production. "On agrège des sociétés sur les deux continents, européen et africain, qui produisent des milliers d'heures de contenus" et il s'agit désormais de les faire "voyager partout dans le monde", expose Maxime Saada.
A titre d'exemple, un film jeunesse sur Fifi Brindacier est en préparation avec les mêmes producteurs que ceux de la franchise à succès Paddington.
De plus, Canal+ s'apprête à codévelopper et coproduire des séries avec le groupe de médias britannique Sky. Il a également confirmé mardi une prise de participation majoritaire dans l'une des principales sociétés italiennes de production et de distribution de films, Lucky Red.
F.Criscuolo--INP